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Leadrinne.

 
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Ska


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MessagePosté le: Jeu 5 Juil - 11:45 (2012)    Sujet du message: Leadrinne. Répondre en citant

Prologue.

Les premières choses qu'elle sentit furent le froid et la faim. Froid à l'extérieur. Faim à l'intérieur. Elle était recroquevillée au fond de la grotte sombre, en boule, tremblotante.   
Elle tenta d'ouvrir les yeux. Elle découvrit la peur. Tout était noir, plus noir que noir. Pas une lumière, pas un seul doux rayon de lumière pour caresser la joue de la jeune femme. Ce noir l'effrayait. La terrorisait. Elle se sentait petite, oppressée. Elle se mit à sangloter.   
Les larmes. La sensation de ces petites gouttes roulant sur ses joues, coulant le long de son menton, achevant leur courte existence sur le sol froid et dur, cela la rassurait. Elle resta à sangloter pendant un long moment, le temps ne semblait pas avoir d'emprise ici. De toute façon, elle n'en avait pas encore la notion. De nombreuses heures s'écoulèrent, avant qu'elle se sente un peu mieux.   
Au fond d'elle, une certaine force, grandissante, la poussait à se lever. Elle s'agrippa à une pierre, et poussa sur ses frêles jambes et ses maigres bras. Elle y était presque, découvrait un sentiment nouveau, la joie d'accomplir quelque chose. Ses lèvres esquissèrent un sourire lorsqu'elle fut debout.   
Elle fit un pas, puis un autre, avant de tomber. Elle glissa sur le sol, s'écorcha le genoux sur la pierre, poussa un glapissement de peur, et elle découvrit la douleur. Un liquide bleuté, dont elle semblait trempée, se mit à s'agglutiner autour de la plaie, si bien qu'en l'espace de quelques instants, elle n'était plus là.   
Cette force revenait en elle, elle se sentit contrainte d'avancer. Alors elle se mit à ramper sur le sol, comme elle le pouvait, tâtonnant avec ses mains.   
Après un autre long moment, elle faiblit. A bout de souffle, elle s'arrêta, étalée misérablement par terre. Elle apercevait vaguement une lueur, un maigre espoir. Elle gémissait, le faim la torturait.   
Elle L'entendit pour la première fois.   
Pas une parole, pas un petit mot. Juste un rire. Un rire moqueur, étrange, à la fois beau et effrayant. Lourd de sens. « Tu es faible, une vraie larve ! », semblait-il dire. La jeune femme tenta de se boucher les oreilles. Rien à faire, le rire continuait plus fort encore, lui perçant l'esprit, au point de lui faire mal. Elle se remit à sangloter, à crier. Rien à faire.   
Sa vision se distordait, elle commençait à voir tout d'une couleur écarlate, rouge, sanglante. Plus le phénomène se poursuivait, plus elle criait, terrifiée. Le rire continuait, toujours plus fort.   
Et soudain, devant elle, pendant une fraction de secondes, apparut un corps écorché, un trou béant à la place du torse, le fixant de ses yeux morts. Elle hurla. Crut que son cœur explosait.   
Cela n'avait duré que peu longtemps, pour la jeune femme, une éternité s'était passée. Elle devait sortir, fuir, avant qu'Elle ne revienne. Elle réussit à se lever en hâte, et à courir, courir follement jusqu'à l'épuisement, même une fois dehors. Elle avait le soleil dans les yeux, le ciel était bleu, pourtant elle avait toujours froid. Surtout au niveau des pieds, quand elle foulait la poudre blanche sur le sol.   
Elle s'en moquait, elle devait fuir, courir jusqu'à s'écrouler, jusqu'à n'en plus pouvoir, jusqu'à avoir les poumons en feu, les pieds en sang.   
La peur la poussa loin. Elle s'écroula près d'un petit cours d'eau, haletante, à bout de souffle. Une de ses mains tomba dans l'eau gelée, l'autre s'agrippait désespérément à un tout petit objet de rien du tout, qu'elle avait ramassé sans s'en rendre compte dans la grotte. Un petit pendentif couvert de poussière, tout cabossé, en or, avec quelques lettres gravées d'une écriture soignée et harmonieuse.   
Un mot, un nom peut-être.   
La jeune femme n'en pouvait plus du tout. Elle sombrait peu à peu. La dernière chose qu'elle aperçut fut un grand ours brun rugissant.   
Et elle s'évanouit.    

   
   

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Dernière édition par Ska le Jeu 5 Juil - 11:47 (2012); édité 2 fois
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MessagePosté le: Jeu 5 Juil - 11:45 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Ska


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MessagePosté le: Jeu 5 Juil - 11:46 (2012)    Sujet du message: Leadrinne. Répondre en citant

Chapitre 1
Forêt
  


Elle ouvrit les yeux, se réveillant en sursaut, paniquée. Elle était allongée sur le sol, devant un feu de camp, emmitouflée dans une couverture marron qui la grattait horriblement. Elle gémit.
Devant elle, une femme brune faisait cuire un morceau de viande sur une broche au dessus du feu. Son visage était fin et délicat, ses pommettes hautes et saillantes, ses lèvres fines et roses, ses yeux en amandes d'un beau vert. Ses cheveux lui arrivaient aux épaules, couvraient ses oreilles tout en laissant son front et ses yeux libres.
Elle était vêtue d'une tenue fourrure, chaude, mais assez légère pour ne pas entraver ses mouvements. Dans son dos étaient accrochés un grand arc en bois et un carquois d'où dépassaient des empennages noirs. A sa ceinture pendaient une paire de petite lames et des flacons contenant divers liquides colorés.
Et elle lui souriait.
« _Enfin réveillée ? fit elle. Eh bien, j'ai cru que tu allais dormir encore longtemps. »
La jeune femme fixait cette inconnue de ses grands yeux, elle ouvrit la bouche, balbutia quelque chose d'incompréhensible. Elle n'arrivait qu'à émettre des petits sons. Elle gémit, se mit presque à sangloter, déçue d'elle-même. Décontenancée, l'inconnue s'approcha, posa sa main sur son épaule.
« _Eh ! J'ai dis quelque chose de mal ? »
La jeune femme sanglotait, sans que l'autre ne comprenne quoi que ce soit. Elle la secouait doucement, troublée.
« _Eh, calme-toi, j'ai fais quelque chose que je n'aurais pas dû ? Tu as faim ? Soif ? » demanda-t-elle.
La jeune femme s'arrêta de pleurnicher. Elle la fixa de ses grands yeux pâles, innocents et pleins de larmes.
« _D-Deux... réussit-elle à prononcer difficilement.
_Faim et soif ? Les deux ? »
Elle fit oui de la tête, timidement.
« _Eh bien, on avance... dit l'inconnue en souriant. La viande est presque prête. J'ai quelques fruits et un peu de pain aussi. »
Elle délaissa un peu la broche, chercha sa gourde, l'ouvrit et la tendit à la jeune femme allongée. Cette dernière ne se fit pas prier, et se mit à boire, assoifée. La femme brune sourit devant ce spectacle, lui tendit ensuite du pain et une pomme, qu'elle mangea comme une petite souris mange un morceau de fromage.
Juste avec une main. L'autre, la jeune femme la gardait contre son cœur, tenant encore le pendentif. Elle la sortit, desserrant lentement ses doigts pour regarder l'objet. L'inconnue la regardait faire.
« _C'est à toi ? Même inconsciente, tu était complètement crispée dessus, j'ai pas osé te l'enlever. Tu as l'air de beaucoup y tenir. »
Le jeune femme fit oui de la tête. Elle triturait le pendentif doré, le retournait dans tous les sens.
« _Il est beau... Tu l'as eu où ? »
Voyant qu'elle ne répondait pas, elle insista.
« _Je peux le regarder ? »
La jeune femme acquiesca, lui tendit le pendentif, timide, tremblotant un peu.
« _Il est vraiment beau... Un peu cabossé, et sal, mais une fois nettoyé, il devrait briller... Il y a quelque chose d'écrit, c'est quoi ? »
Toujours pas de réponse. Elle la laissait faire, gémissait de temps en temps, balbutiait des choses incompréhensibles.
« _Le... Leadr... Leadrinne ! Voilà, Leadrinne, c'est ça. C'est ton prénom ?
_S-Sais pas...
_Leadrinne... Ca a forcèment un rapport avec toi. Je suis certaine que c'est ton prénom. C'est aussi beau que le pendentif.
_L-Lea... drinne ? B-Beau... » souffla la jeune femme, son regard perdu dans le vague.
L'inconnue lui sourit, comme quelqu'un sourirait à une petite fille.
« _Tu m'intrigues. Tu es étrange, comme personne. Je ne sais même pas ce que tu es. Tu as l'air humaine, mais... Enfin. Moi, c'est Telendra. Enchantée.
_'chantée...
_C'est bientôt cuit. Une fois qu'on aura mangé, je t'emmènerai chez moi. Tu ne peux pas te promener comme ça toute nue en pleine nature. Je serai pas rentrée bredouille de ma chasse, grâce à toi. Tu sais que je t'ai trouvée évanouie près d'un petit ruisseau ? Il y avait un ours, aussi. Enfin je crois que c'était un ours. C'était gros. Et plus très vivant. »
Telendra enleva le morceau de viande de sur le feu, le coupa en deux avec l'une de ses lames. Elle en donna une moitié à la jeune femme, et prit l'autre pour elle-même. Elles mangèrent en silence.
Puis vint le moment de partir. Telendra aida Leadrinne à se lever, lui dit de bien garder la couverture sur elle ou elle risquait d'attraper froid, et commença à réunir ses affaires tandis que la jeune femme regardait les grands arbres autour d'elle, ébahie.
Le campement de fortune était installé dans une clairière maculée de cette poudre blanche et froide, bordée de hauts arbres aux branches couvertes d'épines foncées. La poudre fondait lentement sous ses petits, qu'elle remuait un peu, en gémissant, à cause du froid. Telendra revint vers Leadrinne, et regarda ses pieds nus en grimaçant.
« _Ca va être un porblème. »
Elle réfléchit quelques instants, puis retira ses bottes, gardant ses grosses chaussettes en laine bien épaisses. Elle les tendit à Leadrinne.
« _Tiens, mets-ça. »
La jeune femme la regarda sans comprendre. La chasseresse soupira, mit un genoux à terre et les lui enfila. Lea poussa un gémissement, l'intérieur des bottes était chaud et doux.
« _C'est bon, hein ? dit Telendra en souriant. J'ai mis de la fourrure dedans. Viens. On y va. »
Elle prit les devants, d'une marche rapide et décidée, suivie mollement par la jeune femme qui fixait le sol. Après un moment, la femme brune se retourna, regarda Lea qui trainait derrière.
« _Allez, dépêche-toi ! Sinon tu vas te perdre et je vais devoir te laisser là. »
L'étrange demoiselle poussa un petit cri, paniquée, et pressa le pas, alors que la chasseresse soupirait, puis repartit.


****************************


Il s'écoula une longue heure, peut-être plus. Les deux femmes descendaient une colline, le soleil était haut dans le ciel bleu et pur. Il y avait toujours autant de connifères, car c'en était, Telendra l'avait appris à Lea. Cette dernière tenait son pendentif, le gardant serré contre elle. Telendra menait la marche, surveillant tout autour d'elles, veillant à ce que la jeune femme la suive.
La chasseresse s'arrêta soudainement, pendant quelques secondes. Elle prit vivement Lea par le poignet, la traîna derrière un arbre, la plaqua contre le tronc, l'empêchant d'émettre le moindre son avec sa main. Les yeux de la jeune femme exprimait son incompréhension, se remplissaient de larmes. Telendra mit un doigt devant ses lèvres, lui intimant de rester silencieuse et calme.
Le temps passait. Il n'y avait rien d'autre que le lourd silence, oppressant. Le cœur de Leadrinne tambourinait fort dans sa poitrine. Tout était trop long.
Et puis, le bruit d'un pas retentit. Un pas lourd, puissant, qui fit trembler le sol. Lea restait les yeux écarquillés, terrorisée. Ca se rapprochait, de plus en plus. Puis, ça s'arrêta. A la droite des deux femmes plaquées contre l'arbre dépassait une gueule monstrueuse, fermée, reptilienne, couverte d'écailles et sombres. Il en sortit un grognement affreux et sourd, un son tremblant. D'entres les innombrables crocs coulait une bave blanchâtre, blanchâtre à en être malsain. Des énormes nasaux écaillés sortaient de la buée, issue de la différence entre le souffle chaud de la créature et le froid extérieur. Et ça reniflait, ça cherchait.
Et ça finit par abandonner. Les pas reprirent, toujours aussi lourds. Ce n'est qu'après d'interminables minutes que Telendra lâcha Leadrinne. La chasseresse se laissa tomber le long de l'arbre, pâle, tremblante, alors que la jeune femme s'écroulait à côté d'elle, éclatant en gros sanglots.
« _J'ai bien crû qu'on allait y passer... fit la femme brune, suivi d'un petit rire nerveux. Vite, viens, il faut qu'on parte... »
Elle se releva, marcha un peu. Puis, d'un pas plus vif, elle prit les devant. Elle se retourna après quelques mètres. Lea restait avachie sur le sol.
« _Tu es sourde ou quoi ? Allez ! »
Elle revint vers elle en soupirant, exaspérée. Elle prit l'étrange demoiselle par le bras, tira pour la relever. Lea cria.
« _Debout ! Il faut qu'on y aille ! »
Et plus elle tirait, plus Lea criait.
Et chaque cri retournait le cœur de la chasseresse. Si bien qu'elle s'arrêta. Lea restait assise sur le sol en tremblant et pleurant à chaudes larmes. Telendra se mit à sa hauteur, la regarda, la prit dans ses bras, la serra tout contre elle. Les sanglots s'arrêtèrent sous le coup de la surprise.
« _Excuse-moi... Je n'ai pas à te crier dessus comme ça. Mais s'il te plaît... Arrête de pleurer... Tu me fends le cœur, tu... Arrête, s'il te plaît... murmura la chasseresse en caressant les cheveux de Lea. Moi aussi j'ai eu peur, très peur... »
La jeune femme renifla, se calmant doucement.
« _Ecoute, on peut pas rester ici, tu comprends ?
_Comprends... répéta Lea.
_Alors, fais-moi confiance, je t'en prie, si cette chose revient on sera mal, très mal. Donc il faut qu'on y aille... »
Elle s'écarta un peu pour la regarder, lui essuia le visage, doucement.
« _Courage... souffla Telendra.
_Cou... rage... répèta de nouveau Leadrinne. »
La chasseresse se releva, aide la jeune femme à faire de même. Elles se remirent en route, à un rythme moins élevé, plus tranquille.


****************************


Au bout d'une petite demie-heure, la nuit tombait, et elles arrivèrent à la maison de la chasseresse. La petite chaumière se trouvait en bordure de la forêt. Un petit cours d'eau passait à côté. Une grande plaine se dessinait à perte de vue derrière, et plus loin encore se dressait fièrement les hauts pics enneigés d'une chaîne de montagne, sur lesquels se réflétaient les derniers rayons du soleil.
La maisonnette était tout en bois, sans cheminée, avec une unique porte, et deux ou trois fenêtres. Les deux femmes rentrèrent. La décoration était sobre, une seule pièce, avec un lit, une armoire, un bureau et une table.
Lea gémit, baîlla. Telendra lui sourit.
« _Fatiguée ? C'est vrai que ça fait une grande marche... »
La jeune femme fit oui de la tête. La chasseresse lui retira les bottes et la couverture, l'aida à se glisser dans le lit. Elle la borda correctement, lui sourit. L'étrange demoiselle baîlla de nouveau, soupira de bien-être, au chaud, ferma les yeux, et ne tarda pas à s'endormir. Telendra resta à la regarder, souriante.
« _Si elle savait... Très peu de personnes ont pu voir une Vouivre de si près, et en sortir indemne... »
Elle soupira. Prit une chaise, s'assit au chevet de la jeune femme.
Et très vite, elle aussi ferma les yeux, et s'endormit...
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